La découverte du bacille de la peste en juin 1894

Source: IUHMSP Lausanne

Une effroyable épidémie de peste fait rage à Hong Kong. Yersin, qui avait reçu une mission pour étudier la peste dans le Yunnan, fait des pieds et des mains pour que le Ministère des colonies et le Gouverneur général lui permettent d’aller investiguer à Hongkong. Après un va-et-vient de télégrammes Yersin est exaucé grâce à l’intervention de son ami Albert Calmette, secrétaire au Conseil supérieur de santé des colonies à Paris. Yersin se rend donc à Hong Kong. Seul et simplement installé dans une paillote édifiée à ses frais il isole en culture pure le microbe de la peste, au grand dam de son rival japonais Kitasato. Cette découverte marque le point culminant de sa carrière. Il aura eu besoin pour cela de ses solides connaissances, de petit matériel pour les colorations, mises en culture et les inoculations sur des rats, de son microscope Zeiss et surtout de courage et de chance. En effet Yersin est obligé de soudoyer les croque-morts pour faire ses prélèvements de bubons en cachette pendant la nuit, et, ne possédant pas d’étuve il incube ses cultures à température ambiante, sans savoir que le bacille de la peste – Yersinia pestis -se multiplie mieux entre 28 et 30°C qu’à 37°C !

Cet exploit lui valut la légion d’honneur et aussi un surnom à titre honorifique, celui de « Yersin-la-Peste ».